VENDRE UNE PHARMACIE POUR UN DÉPART A LA RETRAITE

 

A l’heure où les cessions d’officines pour départ à la retraite s’accélèrent dans un contexte de marché baissier, l’élaboration d’une stratégie de sortie est indispensable pour les pharmaciens, tant sur le plan patrimonial que psychologique.

Face au risque de dépréciation et au manque d’attractivité de la filière officine pour les jeunes diplômés, différents paramètres doivent être intégrés, que ce soit sur le plan économique, financier, ou fiscal (état du marché, conditions d’exonération de plus-value, de financement, montant des prestations retraite à taux plein, etc…).

Ainsi, plutôt que de retarder une cession d’officine pour départ à la retraite afin de minimiser toute éventuelle moins-value, il vaut mieux l’anticiper le plus tôt possible (entre 55 ANS et 58 ans), afin d’être en mesure de saisir toute éventuelle opportunité d’offre de reprise (association, regroupement, cession de fonds ou de parts sociales, etc…) voire de la provoquer.

En fonction des différentes typologies d’officines, une véritable mutation du modèle de transmission s’opère actuellement, facilitant incontestablement les transitions entre générations. Si certaines opérations engendrent un départ à la retraite rapide en six à neuf mois, d’autres engendrent un départ progressif sur quelques années, permettant aux titulaires de rester en activité (même à temps partiel) tout en réalisant un capital dans des conditions satisfaisantes. 

 

LA TENDANCE AU VIEILLISSEMENT DES PHARMACIENS D’OFFICINES

Actuellement, le flux annuel des jeunes pharmaciens diplômés entrants devrait permettre le remplacement des titulaires souhaitant cesser leur activité (évolution du numerus clausus** de 37,6% entre 2002 et 2016). 

Cependant, la problématique de transmission générationnelle reste cruciale, malgré la baisse significative des taux d’intérêts et la tendance à la reprise actuelle des mutations.

En effet, face aux prévisions d’un doublement rapide du nombre de cessions pour départ à la retraite, le manque d’attractivité de la filière officine est actuellement flagrant du coté de jeunes (30% des étudiants** choisissent cette filière contre 60 à 70% auparavant).

Dans ce contexte, la moyenne d’âge des pharmaciens d’officines augmente d’environ une année tous les cinq ans, et ce depuis 2006 (elle était d’environ 53 ans** en 2016 contre 48 ans en 2005).

En 2018, près de 1000 pharmaciens d’officines supplémentaires** (titulaires et adjoints) auront plus de 65 ANS (lors de la dernière décennie, la tranche des titulaires de 56 – 65 ans a augmenté** de près de 65%).

 

ANALYSE DU MARCHE ACTUEL

Le nombre de cessions, principalement liées aux départs à la retraite, tend à redémarrer actuellement à travers les ventes de parts sociales, facilitées par un mode d’exploitation accru en SEL (53% des officines en 2016*) et les SPFPL (hausse de 3% en 2015 des cessions de fonds et parts*).

Cette reprise s’accompagne, en marge du marché traditionnel, d’une mutation progressive du marché des transmissions de fonds :

  • accélération du marché des transmissions de sociétés via des cessions de parts fluidifiées notamment par les SPFPL* (860 SPFPL* en 2015 contre 140 en 2013, évolution 2015/2016 + 49% )
  • proportion importante de cessions de fonds à des SEL notamment concernant les pharmaciens d’officines exploitant en entreprise individuelle (9461 SEL* en 2016 contre 7403 en 2013, soit 53% au 1er Janvier 2017)
  • tendance accrue, pour les titulaires souhaitant partir à la retraite, à conserver des participations tout en intégrant un jeune diplômé au sein d’une SEL et en profitant du dispositif sur les exonérations pour départ à la retraite
  • restructuration du maillage officinal par le biais d’une concentration économique et financière privilégiant l’exercice groupé (regroupements accrus via les cessions d’éléments fonds à des SEL, participations croisées, organisation en mini-réseaux, etc…).

La tendance devrait s’accélérer au cours des prochaines années, face aux contraintes économiques actuelles. Certaines opérations suscitent un véritable intérêt pour les pharmaciens, toutes générations confondues.

 

LES AVANTAGES

Prenons l’exemple des cessions de pharmacies avec intégration concomitante de primo-accédant(s) : elles permettent aux jeunes diplômés prometteurs de monter progressivement dans le capital sans réelles conditions d’apport minimum en terme de fonds propres.

En contrepartie, les titulaires vendeurs, en tant que co-investisseurs, sont plus en mesure de valoriser leur fonds de commerce au juste prix tout en réduisant si nécessaire leur temps de travail au plus strict minimum. De surcroît ils pourront ensuite être à la fois retraités et conserver un statut d’investisseur professionnel non exploitant.

Autre cas de figure, les opérations consistant à céder une officine à des titulaires investisseurs financièrement crédibles, souhaitant croître en externe en intégrant des futurs exploitants.

Elles comportent de nombreux avantages :

  • pour l’acquéreur : l’option d’exercice « groupé » entre pharmaciens sur une même zone de chalandise (soit d’emblée via une opération de regroupement, soit en co-développement par le biais de mini-réseaux ou de SEL croisées) s’avère « facilitatrice » lorsqu’il s’agit de réunir les fonds nécessaires au financement d’une opération d’acquisition de ce type,
  • pour le cédant : sur le plan de la valorisation de son outil de travail, en particulier lorsque ce dernier a une taille ou typologie d’officine lui permettant de vendre dans des conditions supérieures à la valeur « économique » du marché. Rappelons à ce sujet que plus de 20% des pharmacies se sont valorisées* en 2015 à plus de 7,5 fois l’EBE.

 

POUR CONCLURE 

Au vu du vieillissement démographique, une analyse prospective s’impose lors d’un projet de cession de pharmacie pour départ à la retraite. Il s’agit, pour les titulaires souhaitant optimiser la cession de leur officine, de répondre aux nouvelles attentes des investisseurs et primo-accédants (cession de fonds, de parts sociales ou d’éléments de fonds, regroupement, cession avec montée progressive au capital d’un associé, fermeture indemnisation, etc…).

A travers le partenariat Co-opt® - CSO Santé®, les consultants Co-opt® développent au quotidien une expertise permettant aux pharmaciens titulaires d’élaborer une stratégie de cession cohérente et fiable, véritablement adaptée à la mutation actuelle du modèle officinal.

Sources : (*) Interfimo (prix et valeur des pharmacies en 2017) (**) Ordre des pharmaciens (démographie de l’officine au 1er Janvier 2017).

 

Jean-Olivier DEFRANCE, pharmacien, dirigeant de Co-opt®